Les Affaires d'Ambroise Chabert
 
 
 
 
Sa Famille
 

Issu d'une petite famille de tailleur, il est le fils de Jean CHABERT ( 1676 - 1702), tailleur à Corps, et de Jeanne BOSC ( 1674 - 1734 ). Son grand-père Marc CHABERT ( 1642 - 1687 ) était aussi tailleur à Corps, tout comme son propre père, François CHABERT ( 1596 - 1679 ).
 
Ambroise naît vers 1696, il n'a que 6 ou 7 ans à la mort de son père, en août 1702. Après quatre ans de veuvage, sa mère se remarie le 7 septembre 1706 avec François LAURENS, rentier et hôte à Corps sous l'enseigne " Le Lion d'Or ". Ici commence l'aventure d'Ambroise dans ce milieu.
 
A la mort de son beau-père, sa mère, Jeanne BOSC, tient " Le Lion d'Or " quelques années avant de le laisser à son beau-fils Jean LAURENS. Jeanne BOSC sera ensuite hôtesse du " Le Petit Paris " jusqu'à sa mort le 28 décembre 1734.
 
Ambroise épouse à Corps le 19 avril 1717 Jeanne AGLOT, fille de Jacques AGLOT, barbier chirurgien, voiturier & marchand à Corps, et de Marie VALENTIN. Ce mariage est un progrès social indéniable pour Ambroise. Ses ancêtres sont tailleurs ou journaliers, ceux de Jeanne AGLOT sont marchands, chirurgiens & apothicaires. Le même jour sa sœur Catherine épouse François AGLOT, voiturier & marchand, frère aîné de Jeanne.
 
Corps au début du siècle
 
  Son Hôtellerie
 
Ayant grandit dans " Le Lion d'Or " de son beau-père, Ambroise commence à travailler tôt, notamment pour aider sa mère de nouveau veuve. Mais " Le Lion d'Or " ne peut lui revenir, l'héritier en est son demi-frère Jean LAURENS, Ambroise doit donc trouver sa propre enseigne. Dès 1721, il est qualifié d'Hôte à Corps.
 
Il commence par remplacer le jeune David FRANCOU dans ses deux enseignes " Le Petit Saint-Jean " & " Le Logis neuf ", qu'il tient respectivement de 1730 à 1733 & de 1731 à 1737. " Le Petit Saint-Jean " est repris par David FRANCOU en 1734, Ambroise se lance alors dans sa propre aventure.
 
Il fait construire une Hôtellerie à Corps : le " Saint-Ambroise ", qu'il tient dès 1734. " Toujours pourvu de meilleures denrées ", Ambroise CHABERT a eu " les Etapes & autres fournitures néceffaires aux Troupes ". Son commerce a fait alors tomber l'Hôtellerie du sieur des Granges.
 
La fortune d'Ambroise CHABERT est selon lui à l'origine de ses problèmes. Jaloux, les bourgeois & officiers de Corps le " surchargeoient annuellement aux impositions personnelles ". Ambroise obtint alors " une Bandouliere de S. A. S. le Duc de Chartres ", ce qui lui permet de se présenter comme " Garde de S. A. S. le Duc de Chartres " et lui évite aussi certaines procédures judiciaires ( séquestrations… ). Selon CHABERT, certains de ces bourgeois auraient dresser en vain des placets contre lui pour le dépouiller de son titre. Cette jalousie est selon CHABERT à l'origine de ses ennuis de 1749…c'était un peu vite oublier l'affaire des Tailles de 1737.
 
 
L'Affaire des Tailles de 1737
 
Elu consul de Corps en 1736-1737, Ambroise CHABERT était donc en même temps exacteur des Tailles. Cependant " quand les Payfans payoient leurs Tailles, il avoit le fecret de leur faire voir qu'un zéro valoit dix, qu'un 2 valoit 12, qu'un 17 valoit 37…& cela par l'altération du premier chiffre qu'il remettoit ensuite en fon premier état ".
 
Fin septembre 1738, il présenter ses rôles raturés aux Auditeurs de la communauté de Corps, qui découvrirent évidemment la supercherie. Sommé de s'expliquer, Ambroise CHABERT expose le 27 septembre 1738 que " il confia fes rôles au Secrétaire Greffier de la Communauté de Corp pendant que les Officiers vérifioient fon compte, & s'en fut chez lui pour affaires, étant dans la bonne foi que fes rôles étoient entre bonnes mains ". Selon lui, les officiers ont profité de son absence pour altérer ses rôles.
 
Le 2 octobre 1738, le sieur DUCLOT, élu en l'Election de Grésivaudan, de passage à Corps, dressa un procès verbal faisant état des ratures & altérations portées à la marge du rôle. Le 16 octobre, Ambroise demande à la communauté de Corps " fi elle le pourfuivra en fon nom, ou fi ce fera les Habitans délibérans " afin de savoir " ceux avec qui il doit avoir Procès ".  
La venue du Président en l'Election de Grésivaudan à Corps pour vérifier les rôles altérés & la nomination d'experts pour vérifier les altérations pousse CHABERT à engager diverses procédures du 17 au 22 octobre contre les officiers de Corps, notamment le secrétaire greffier Philippe VALENTIN, tout en faisant " retentir la Place de Corp de mille menaces contre ceux qui vouloient le perdre ; il disoit qu'il les feroit pendre au premier jour ". Parmi ces requêtes, il invoque " la fubornation pratiquée envers les témoins ", " la fragilité du petit Peuple que fes ennemis en grand nombre infpirés par une baffe envie qu'ils ont des profits qu'il fait, ont corrompû "…
 
Cette affaire se termina par la sentence du 7 septembre 1739, qui condamna Ambroise " à un banniffement de trois ans & à une amende envers le Roi ".
 
L'Affaire Calvat
 
A la fin de l'été 1749, Corps fut pris dans un long procès, dans lequel s'opposèrent principalement Ambroise CHABERT et Antoine NEBON, huissier de Saint-Firmin. Un résumé de cette affaire a été écrit par Edouard BEGOU et mis en ligne sur son site. L'affaire fut jugée par le Parlement de Grenoble, et les différents protagonistes furent emprisonnés au cours de l'enquête, par exemple Antoine NEBON,  emprisonné le 24 janvier 1750, qui "gémit " neuf mois plus tard "dans une dure Prifon". La sentence du Parlement n'est pas connue.
 
L'Ancien Parlement de Grenoble
 
 
Fin & Posterité d'Ambroise Chabert
 
On retrouve Ambroise CHABERT marchand à Corps en 1757. Ambroise est encore parrain de son petit-fils & homonyme Ambroise CHABERT le 12 août 1761 et meurt avant 1772.
 
Sa veuve Jeanne AGLOT, hôtesse, teste le 22 décembre 1775 devant son neveu le notaire François AGLOT, meurt le même jour & est inhumée le lendemain à Corps.
 
Ce couple laissa plusieurs enfants :
  • Jean CHABERT, né à Corps le 9 décembre 1718, cabaretier & aubergiste à Corps, épouse aux Engellas le 3 août 1756 Marie CROS-PERREL puis Magdeleine PEYRE.
  • Catherine CHABERT, née à Corps le 29 septembre 1720
  • Thérèse CHABERT, née à Corps le 19 décembre 1721, épouse le 7 janvier 1743 Jean COMTE, cordonnier à Corps ( mes sosas 418/419 ).
  • François CHABERT, né à Corps le 24 janvier 1724
  • Marie CHABERT qui épouse le 12 février 1748 sieur François SARRAZIN-LAGRANGE d'Aspres-lès-Corps.
  • Anne CHABERT qui épouse le 12 février 1765 sieur Hyacinthe BERTHELOT de Corps puis en 1772 Jean COURT de Que en Beaumont.