Mémoire fait par le capitaine Arabin de la Vie de Monseigneur le connestable des Diguières
 
Texte extrait de Actes & correspondances du connétable de Lesdiguières.
 
LE Texte
Notes
 
L'Auteur : le capitaine Arabin
  
Le Texte 1
 
Mémoires de ce que j'ay apris ou veu du commencement de la fourtune de monseigneur le connestable des Diguières, l'insemble de des exploitz, ayant heu l'honneur en plusieurs de ses rencontres de le suivre
 

En premier lieu j'ai bonne souvenance d'avoir appris de la bouche de feu Madame mère de feu mondit seigneur le Connestable, qui pour lors on nommoit seigneur des Diguières, qu'elle avoit envoyé en Avignon aux estudes qu'il paracheva avec honneur 2.
Du despuis preferant l'espée à la plume et la cuirace à la robbe longue, suivit en gendarmerie feu monseigneur de Gordes pour l'hors lieutenant du Roy en Dauphiné.
 

 

L'an 1562, monsieur de Furmeyet, levant les armes es montagnes du Dauphiné pour le party de la religion, fit son enseigne mondit seigneur des Diguières 3.
En la mesme année feu monsieur de la Cloche se saisit de Grenoble pour la religion, ou du despuis il fust blocqué et assiégé par messieurs de Mogiron et de Suze,; la batterie faisoit breche du costé du logis de feu monsieur le Président du Cros 4.
Monsieur de Furmeyet adverty de ce siège s'approche et loge à Seisonnage ou il fut attaqué par huict centz harquebusiers choeisis que les sieurs de Mogiron et Suze avoient à ces fins tirés de leur armée. Lesquelz estant descouvertz par ledict sieur de Fermeyet, il commande son enseigne, scavoir mondit sieur des Diguières, conduisant les enfants perdus, avec lesquelz il fit si bien et reçeut de tel front ses ennemis que de huict centz un seul en eschappat et non content de cette victoire poursuivit sa pointe droit à Grenoble et teste baissée donna de telle roideur sur l'armée ennemie qu'il la mit en désordre et en fuitte et la poursuivit toujours combattant jusques à Gierres ou plusieurs des fuyards perdirent la vie au grand honneur et reputation de mondict seigneur des Diguières 5.
 
Au mois de mars année 1563, ledit sieur de Furmeyet emmena ses trouppes au Gappensois, se saisit de Romette à la barbe et estonnement de coeux de Gap 6.
Le treiziesme du mesme mois et an appres la susdite prise de Romette, les Gappensois sortirent pour nous attaquer; mais qu'ils furent descouverts, ledit sieur de Fermuyet cognoissant par experiance la vertu de son enseigne mondit seigneur des Diguières, le commande de recevoir et charger avec une troupe d'enfens perdus les ennemis; ce qu'il fit si courageusement que beaucoup de ceux de Gap desmurerent sur le champ, qu'il poursuivit jusques au pont de Burle 7. Et tout ce que dessus et arrivé durant les premiers troubles 8.
 

 

 Les secondes troubles esmues en France mondit seigneur des Diguières, renommé par sa valeur, fut choisy et eslu par coeux de sa religion en ses cartiers de Corps pour chef; donc il se saisit de Corps où il commanda environ deux ans 9.
Pendant ces entrefaaictes nos ennemis avec une puissante armée assiegerent le Saint Esprit ce qui occasionna de s'armer monsieur d'Acier, lhors général pour coeux de la religion en Dauphiné; donques il manda monsieur d'Auruse, gouverneur de Gap, et mondit seigneur des Diguières, gouverneur de Corps, de marcher promptement avec leurs gens; le rendez vous fut prins à Pierrelatte ou de part et d'autre nous nous y trouvasme au jour assigné; mais l'ennemy adverty de cette arrivée leve le siège et se retire à haste. Nostre armée lui donna la chasse passe le Rosne audict Saint-Esprit, et allames loger et refrechir à Bagnoles.
Du despuis notre ordre nous vinsmes à Usez; mondit seigneur des Diguières heust l'avangarde composée des enfans de Gap et de Corp et par bonheur rencontra en chemin le signor Scipion, Italian, avec centz lances, cavalerie redoutée par tout le Languedoc; aussy ils estoyent soldatz. Mais la vertu et courage des nostres les dompta, car ayant leurs chefz en teste, mondit seigneur des Diguières, les attaquerent de tel courage qu'ilz les mirent en fuitte et suivirent battant jusques aux portes de Tresque. Ceste deffaicte entre Connaux et Tresques. Des que fumes arrivé à Usez la paix fut publiée et nostre armée congedié 10.
 
Le diziesme septembre 1568, coeux de la religion de Gap après avoir mis entre les mains du sieur du Rousset les clefs de leur ville s'allerent joindre aux troupes de monsieur de Mouvans et passerent le Rosne et le Dordonne et se joignirent avec Messieurs les Princes en Aubeterre : Monsieur d'Aurenge les conduisait. Monseigneur des Diguières voulant estre de la partye s'y treuva avec ses gens et y fist sy bien qu'il merittat d'estre toujours appellé et ouy au conseil des princes 11.
 
Après la bataille de Montcontour, ou nos Dauphinois eurent leurs bonne part de l'honneur avec leur maistre mondit seigneur des Diguières 12, le conseil de guerre le jugea nécessaire en Dauphiné pour les affaires de la religion et y retourna avec Monsieur de Montbrun et les troupes par mille difficulté, sans eschec. Avant que d'entrer en Dauphiné, Monsieur de Montbrun, général de la troupe, s'asseura du Pousin; l'ayant pris passa le Rosne au dessoubz avec ses troupes en quantité de batteaux qu'il renvoya de dela, l'armée estant passé, à la vue de ses gens, pour les advertir qu'il n'auroint plus occasion ny commodité de fuyr et quitter, eussent leur confiance à la justice de leur querelle et la leur force et valeur; et non en vain, cas des aussytost que Monsieur de Gordes ceut leur arrivée vint à oeux, les charge courageusement et n'esperoit rien moins que de rencontrer des fénéans et de les deffaire par menaces. Mais il treuva bien à qui parler; il fut vaillamment repoussé et bien battu par les nostres. Le champ de la bataille desmura couvert des corps de noz ennemis, presque de toute leur noblesse. A grand peine le sieur de Gordes se sauva avec peu des siens et fut promptement suivy de mondict seigneur des Diguières qui l'eust joingt et pris, n'eust esté qu'en se seizisant du sieur du Rousset, son lieutenant, l'autre eust loysir d'eschaper 13.
 
Du despuis scavoir l'an 1570, nos troupes victorieuses se logerent dans Loriol le fortiffierent et y fut mis gouverneur monsieur de Mirambeau. Monsieur des Diguières retourna à Corp avec messieurs de Champollion, de Saint-Jean, de Polligny, Bardonnanche, la Villette de Gap et Saint-Germain, et fortifierent Corp.
Ilz y furent appres visittez et bloquez de près par les sieurs du Monestier et la Casette, chacun conduisant deux mille hommes 14. Leur batterie ayant faict bresche du costé gauche de l'église et leurs deux mines ayant jouée, l'une à la porte de l'Arra, l'autre à celle de Grenoble, donnerent l'assaut ardiment, mais à leurs desavantage; car les plus courageux y laisserent la vie et nommement plusieurs cappitaines.
Trois ou quatre jours apres ceste responce, de Champollion leurs dressa un plaisant estratagemes, car il fit attacher de mesche à chasque corne de chèvre qu'il, en bon nombre, trouva dans la ville, affamé à cause du siège, et puis environ trois heures de nuict obscure mit le troupeau hors de la porte. Elles, pressées par la faim, coururent pour gaigner la campagne et pour repaître et mirent la peur, l'effroy et le desordre parmy les assiegeans; de sorte que s'ils fussent esté suivis sullement de 50 arquebuziers, l'ennemy fust esté deffaict. La fuitte fut sy précipitée que les derniers marcherent et oppresserent les premiers et ne se reconnurent que dela du molin de Corp 15.
La mesme année la paix fut publiée par le roi Charles 16.
L'an 1572, le sieur Gaspard de COLIGNY, admiral de France, fut massacré à Paris.
 
L'an 1574, Monseigneur des Diguières suivy de 27 ou 28 chevaux pour le plus, passa par Corp et s'alla saisir de Mens en Trièves. Là il séjourna environ deux mois et dressa une armée de six vingt hommes, et voilà qu'il fut adverty par le capitaine Bastien, commandant en Embel, et par le capiaine Roure, commandant aux Diguières, que le sieur de Beaumont avec trois centz soixante hommes s'estoit saisy de Corp et s'i fortiffoit. Sur cest advis mondict seigneur des Diguières laissa pour garder Mens la moitié de son armée, prend l'autre moytié. Nous estions soixante de nombre faict. L'approche de Corp et la prière faite à son des mousquetades, l'ennemy17 met ses gens en trois escadrons un chacun de vingt hommes; l'un fut commandé par le sieur de Glandage, l'autre par le capitaine Bastien. Le troizième escadron mondit seigneur en teste donna du costé de la porte de l'opital que nous enfonceames en despit des desffanfans. Nos compagnons en mesme temps des autres costés grimpent les murailles, enfoncent les portes et en un moment nous emportames et primes la ville avec une grande boucheries et carnage de l'ennemy. Le sieur de Beaumont y perdit la vie, tous ses gens y furent ou tués ou prisonniers. Quarante des plus braves se retranchèrent dans la tour de la prison et firent honnorable composition. Mondit seigneur des Diguières leur donna la vie qu'ils ont du despuis vaillamment et fidellement employé à son service.
 
 
Le Bourg de Corps, au début du siècle
 
La mesme année dans Grenoble on prisoit cent lences conduites par le seignor Centurion, Geneveso18. Monseigneur de Lesdiguières eust envie de voir de près ces braves cavalliers; part de Mens avec sa troupe et va embucher au Pont de Clefz, mande le cappitaine Bastien avec 7 ou 8 pour attirer l'ennemy. Ce courage sans peur va droit à Portetraine, donne un coup d'espée à la sentinelle; on sonne le toscin, on crie aux armes, la ville est esmuettée, les lances à cheval suivent ceste poignée de gens à bride avallée jusqu'au lieu de l'embuscade ou par force d'armes nous les fismes faire alte et en despit de leur renommée perdre la vie. Presque tous y demeurèrent, le seignor Centurion se sauva nous laissant des beaux et bons chevaux et armes dorées richement19.
 
En la mesme année 1574 monsieur de Bonrepos, pour lors gouverneur d'Ambrun, et monsieur de la Casette, ayant levé environ 1500 hommes assiégerent Freyssignieres, firent un fort à l'antrée de la vallée, lieu dit à Chancela. Ces pauvres assiégés recoururent incontinent au favorable et prompt secours de Monseigneur des Diguières que tout à l'instant part avec sa petite et assurée troupe. Le cappitaine Villeneufve eut la conduite des enfants perdus. Nous primmes le chemin par Oursières et passames les montagnes en despit des neiges et autres difficultés, cependant avec bonheur, tout le malheur se deschargea sur noz ennemis que nos enfans perdus attaquerent avec tel courage enfin qu'il emporterent leur fort les mirent en fuitte et suivirent toujours battant jusques à Saint-Crespin. L'ennemy perdit 7 ou 8 centz hommes que tuez ou noyes. Le lendemain faisant retraitte droit par Saint-André vinmes loger à Savine de la à Chorges et en Chamsaur en nos maisons20.
 
Quelque temps après veu qu'à La Mure rien ne tenoit que deux chasteaux l'un desquel estoit au sieur de Beaumont, l'autre au sieur du Monestier, Monseigneur des Diguières partant de Mens nous y conduisit, ou par force d'armes emportames celluy du sieur de Beaumont. Tous les deffendans y resterent excepté le cappitaine Pedescaux qui du despuis en plusieurs rencontres a randu des louables services au party par son courage et le Beaumian auquel pour s'estre bien retranché on donna la vie. Le chasteau du sieur de Monestier s'estant rendu par composition nous fortiffiames la ville qui du despuis fut à nostre devotion21.
 
 
Le Chateau de Beaumont à La Mure, au début du siècle
 

Monseigneur des Diguières croisant toujours en bonheur, en courage, prit envie de joindre les enfants de Gap qui bravoient sur leur fumier. Il partit donques de Vif avec ses troupes, entre en Chansaur et cependent que nous nous allames embucher au vilage nommé Larra, mondit seigneur despecha le cappitaine Villeneufve pour lors commandant à la Haye d'enlever le baitail de coeux de Gap. Ce qu'il fit promptement avec une vingtaine d'arquebuziers22. Les enfans de Gap voyant l'effort qu'une petite troupe de geans leur causoit s'armerent promptement sortirent en double escadrons, l'un desquelz estoyent commandé par monsieur de la Pallu qui tiroit droit au Champsaur l'autre par Etienne COMTE tirant à Romette. Nos sentinelles placées sur la poterne de Gap du costé de la Bastie les ayant descouvert en donnerent advis à mondit seigneur des Diguières qui fit marcher par troupe droit à St-André pour prendre langue. La capitaine Roure ayant descouvert l'ennemy marqua à mondit seigneur avec la pointe de son espée l'androit ou ils estoient; lors ce courageux prophète s'escria : " Messieurs de Gap, ilz ne sont plus à vous mais nostre ". Il commanda donc le cappitaine Bastien avec peu de gens, nous n'estions que vingt harquebuziers, de commancer les escarmouches au forest de Chalon, nostre pointe fit joindre les escadrons ennemis qui presageans leurs morts ce mirent a genoux pour prier Dieu et vrayement ils pouvoient bien dire leurs In manus tuas, carz ils n'eurent pas achevé leurs prieres, ayant en teste Etienne COMTE qui se deffendoyent des mieux et en queue le sieur de la Pallue, commancerent vaillamment à se retirer le long du ruisseau de Buzon; mais ils furent contraint de treuver leurs morts avant que d'arriver au pont de Romette; seullement deux ou trois qui se cacherent dans des alliers eschapperent le tranchant de noz espées. Le sieur de Villard Morel, le sieur de la Pallue, Estienne COMTE, le chanoisne MARCHON furent au nombre de coeux qui moureurent l'espée au pont. Des nostre un seul fust tué; Monseigneur de Morges receut une harquebuze au bras, le cappitaine Maubec une autre au genouil. La susdite deffaicte arriva le 7e juin 1574, jour de la Pentecoste23.
 
L'an que dessus le sieur de Montbrun ce saisit de Serre24. Le chasteau taint bon par le courage de monsieur de Beauregard et de monsieur de Montauquier25 qui n'ayant pour toute provision de bouche qu'un barbet l'escorcherent pour manger. Monsieur de Labourel, gouverneur de Gap, leur mena un secours de bien 1500 hommes, mais en vain car descouverts qu'ilz furent par monsigneur de Lesdiguières qui estoient logés au grand Aspres, il commande douze ou quinze chevaux de pouser et attaquer bien 500 enfans perdus; ce qu'il firent. Il les suivit avec le reste de ses gens et heurta sy courageusement ses ennemis qu'il les contraignit resculer et entrer dans leur bataille. Mais pour cela ne furent hors de danger, car monsieur de Montbrun ce mesme temps, qui estoit logé à la Bastille de Montséleaux, arriva et donna de l'autre costé de la bataille, si bien que de part et d'autre l'ennemy y laissa 1000 ou 1200 hommes que tuez que noyez. Cela fut cause que coeux du château contrains par famine se rendirent avec honorable composition26. Du despuis monsieur de Montbrun ravitailla Serres en y laissant bonne garnison mena ses troupe en Trièves qu'il raffraichit en Lalley et à Saint-Maurice.
 
Ce brave chef, ennemy de l'oysiveté, ne laissa lomgtens ses gens sans besogne, mande monsieur des Diguières de se treuver au Monestier de Clermont avec ses troupes; nostre cappitaine fut prompt à obéir. Nous arrivasmes plus matin que le sieur de Montbrun et trop matiniers pour cinquante fantacins du prieuré de Vif qu'à leur malheur nous treuvâmes en ce lieu et donnasmes si bien à desjeuner, qu'ils n'ont heu du despuis aucunement fain; pas un d'eux n'eschappat de noz espées, et le sieur de Montbrun quand il arriva fut bien aise de treuver besongne faicte. Mais pour avoir double contentement il nous conduisit à Vif pour la donner des nouvelles de leurs compagnons. Nous attaquames ardiment ce prieuré, sappans et eschellans les murailles et fîmes si bien que la place fut nostre, ou nous fîmes barbe rase; Monsieur le Chevallier il desmurast, neul n'eschappa de deux centz qui gardayent la place. Des nostre le cappitaine PATRAS de Ments, et Pierre LAGIER furent tuez en grimpant les murailles27.
 
La mesme année mondict seigneur des Diguières conduisit noz troupes à nouvelle expédition et prit à Serres deux canons avec lesquelz nous fimes bresche au chasteau de la Roche et par assaut l'emportames ou moureurent le sieur de la Combe, gouverneur, avec ses troupes28.
 Et sans autre sejour, avec les mesmes pièces attaquames la Bastie-Neufve; la bresche faicte et ville gaignée, trouvasmes que les soldats et habitants, s'estoient retirés au chasteau d'ou ilz sortirent par composition. Pour la conservation de cette place mondit seigneur me fit l'honneur de m'en donner la garde avec mon escadron jusqu'à nouvelle expédition29.
 Le courage avec le bonheur croit à mondict seigneur des Diguières; partant de Ments, nous conduisant au Diez, assiejeames Chastillon avec deux canons. Le secours du sieur de Gordes qui survaint nous contraignit à retirer noz pièces à Menglon. En l'escarmouche monseigneur s'advança si fort dans le passetemps que son cheval fut tué dessoubz lui; sa botte y desmurast engagée, François GONT, l'un de ses arquebuziers, lui ayda à en retirer le pied et le monta sur son cheval30.
 
Le lendemain les troupes du sieur de Montbrun et de Provence estant arrivez pour se joindre à nous, le sieur de Gordes fut promp à la retraite et faisait filer ses troupes vers Die, mais les nostres cottoyans leurs ordres rompirent leurs filles, les travaillerent si bien qu'il en desmura sur la place de quinze à dix huict centz, le bruict courust que les Suisses n'avoient pas esté si bien estrillés depuis la bataille de Mayrinac.
Nous blocquames le sieur de Gordes dans Die, ou il fut puissamment secouru par le sieur de l'Estant, son beau filz, avec des grandes troupes. Nous allames au devant du secours; Monseigneur des Diguières eut l'advant-garde selon sa coustume. Passé qu'il eust le pont de Mirambeau, provoyent l'advantage de l'ennemy et n'ayant bon augure de la journée, mande un gentilhomme au sieur de Montbrun pour le prier de sa part de ne passer le pont; cependant luy ce jetta dans la meslée à corps perdu ou il fit des forces d'armes incroyables. Son cheval fut tué dessoubz luy, un des siens le cappitaine Viallet, de Romette, mettant pied à terre luy presta son cheval. Mais monsieur de Montbrun arriva au pont, prié qu'il fut de l'advertissement de monseigneur des Diguières, il estoit alors appuyé sur mon espaule et n'y voulant acquiescer, s'escria: "Passe ou me lesse passer ". J'us l'honneur de le suivre de prais en cette charge ou pour recompense j'en raportay cinq coups d'espée, mais le bon seigneur y desmura prisonnier. Je fus le dix septiesmes des nostres qu'on croyait morts. L'ennemy receut plus grand eschet. Monseigneur des Diguières en deffit de quatre à cinq centz fantassins et une compagnie d'arquebusiers à cheval commandée par le sieur de Valfanier qui y desmura31.
 
Le jeudy matin troiziesme Jeanvier 1577 monseigneur des Diguières se servant de l'occasion, veu que dans Gap on avait tenu un grand bal où pour le moins le monde bien harrassée dormoit profondément, il les voulut reveiller pour les faire mieux dancer ou dormir le grand sommeil. Nous entrâmes dans Gap par la fenestre de l'escuyeries du logis des trois Roys, les autres par une gueritte, du coste de la porte Saint-Arey. Il n'y heust point de carnage sinon dans les harchiers de Gangailles et le cappitaine Puis sortent de leurs logis sur le bruict de la surprinse furent tués. Monseigneur l'Evesque et son clergée sortirent par Porte Colombe nous laisant leurs maisons et la ville en proye et se retirerent à Tallard32.
 
On craignoit tant monseigneur des Diguières que tant seulement pendant son absence le seigneur Jules CENTURIONE, Genevois, osa se presenter par deça pour nous enlever Corp. Il y vint avec cent lances et environ mille harquebusiers, menant pour guide l'Escuyer, frère du capitaine Bastien qui fut tué à la prinse du chasteau du sieur de Monestier. Il ne treuve neulle resistance à Corp ou il ce fortiffia et l'Escuyer par trahison s'empara du chasteau d'Ambel ou il ce fortiffia aussy. Ce que dessus arriva au mois de may 157733. monseigneur des Diguières ayant heu advis de secy, assemble promptement ses troupes tirant droit en Ambel avec deux canons qu'il prit à Gap, et l'eust emporté n'eust été le prompt secours du sieur de Gordes qui y conduisit bien 6000 hommes 34; nous levasmes le siège et quoyque peu de gens le petit pas nous restirâmes à leur teste aux des Diguières et sans eschecs et à leurs honte et intherest, car nous leur fimes disputer tous les passages en cette retraite et cousta la vie aux plus hardis qui osoyent suivre et entre autres au sieur de Putraille.
Le sieur de Gordes contant de nous avoir veu, se retira à grandes journées d'Aspres en Valbonnoys et de là à Grenoble. Nous reprimes incontinant nostre siège avec telle ardeur que par la bresche nous emportames le chasteau d'Ambel, et la vie à l'Escuier et à tous ceux qui se trouverent dedans.
Le seigneur CENTURION ne se croyant estre assuré à Corp pour estre si prais de nos espées, se retira du dict lieu y laissant le capitaine La Tour avec bien 7 ou 8 cens hommes en garnison. Le 29e d'aoust 1577, monseigneur des Diguièresluy prespara un ballet par une camisade de 4 ou 5 centz hommes. La lune esclairoit fort pour faire voir sa vaillance estant luy mesme en teste. Nous actaquames la ville par douze divers endroitz et l'emportames heureusement. Le capitaine La Tour avec fort peu se sauva en Dévoluy, tous les autres y demurârent.
 
Le bourg de Corps à gauche & la pointe d'Ambel à droite, séparés par le lac du Sautet
 
 Le jeudy pénultiesme de septembre 1580, monsieur le duc de Meyne avec son armée assiegea La Mure35, ayant saizes canons battans qui volerent environ deux mille cinq centz coups contre un bastiou qui fut de l'autre costé bien combattu et deffandu, mais les deffendans après plusieurs sorties, combats et vaillances, ayant mis le feu à la ville ce retirerent & retrancherent en la citadelle et le sixiesme de novembre se rendirent à honnorable composition, vies, bagages, armes et canons sauvés36.
 
Le ving-troiziesme de juin 1585, monseigneur des Diguières avec ses troupes attaqua Chorges, ou monsieur de Crottes, gouverneur de ce lieu, avoit laissé bien 300 hommes soubz la charge du sieur Despraux, fils de monsieur de Saint-Germain. Nous forçâmes la ville et presque tous passarent au fil de nos espées.
Le quatriesme d'aoust 1585 à Grenoble fut publié l'esdit du Roy portant commandement aux ministres de vuider la France dans un mois et coeux de la religion de se catholiser dans six mois, ce qui fut cause de nouveaux troubles37.
Car le vingt huict d'aoust 1585 Monseigneur des Diguières partant de Saint-Bonnet nous conduisit à Bourdeaux à cinq lieux de Monthelimar où il fit un gros d'environ cinq cens hommes38. Nous bordames de nuit le monthelimar, où nostre petard ayant la porte Saint-Martin, nous nous rendimes maistres de la ville sans grand carnage, encore que le dimanche auparavant on y avait fait revue de 900 harquebusiers, qui par imprudent libertinage attachèrent un chat avec un baril de poudre au bout d'une perche, y mirent le feu, criant : "Les huguenosts bruslent" et le prevost de ce lieu nommé BARITEL pressé par le peuple de publier l'esdit du Roy, respondit ne vouloir ce faire qu'au préalable, il n'eust deux ministres pour les faire pendre en la place ou il le publieroit. Il les vit le dimanche suivant à son costé, car deux ministres le conduisirent en la mesme place ou il fut pendu.
Nous ne demurasmes longtemps en repos en ce lieu de conqueste, car dans peu de jour le sieur de Mogiron, gouverneur en Dauphiné, avec ses troupes d'environ 6000 hommes nous assiegea. La place fut bien attaqué mais mieux deffendue; l'ennemy voyant que par le siège il n'advançoit rien, et ne pouvoit secourir le chateau, leva le siège et se retira, donna signal à ceux du chateau de ce rendre ce qu'il firent le landemain 13 de septembre 1585 par composition honorable armes et vie sauvés.
Monseigneur des Diguières victorieux de tous costez, partit du Monthelimar y laissant gouverneur monsieur du Pouet et nous conduisit par Bourdeaux au Diez où incessement et hereusement nous primmes Aaix en Diez, Montleau et Chastillon, et ce faict nous retournames à La Mure.
 
Quelque temps après et la mesme année on donna advis à monseigneur des Diguières que le segnor Jean Bastide de LUZERNA, Jean de LA GESIA et Jean de GARENO, sortis d'Ambrun, conduisayent trois compagnies de lanciers et cinq centz arquebuziers à Gap. Il se résolut de les ataquer et nous fict marcher promptement. Nous rencontrame l'ennemy à la monté de la Conche et le saluames de sy bonne grace que toute l'infanterie passa par le tranchant de nos espées et plusieurs de la cavallerie; les autres receurent la vie par la bonté de leurs chevaux. Nous les poursuivimes toûjours abbattans jusques à la tour de St- Jullien ou desoubz de laquelle ils passarent la Durance au gay, et quelques uns burent à bonnes graces jusques à crever.
La mesme année 1585 le courage inesbranlable de monseigneur des Diguières, le portat d'attaquer les plus asseurez, d'entre lesquels estoient la ville d'Ambrun. Il employa son industrie à cette occasion esperant y prendre prisonnier monsieur d'Avançon, archevesque de ce lieu. Doncques le dix-neuf novembre 1585 il nous y conduisit partant à nuict close; de noz pacttars jouèrent contre la fausse porte de la citadelle, laquelle enfoncée nous donnast entrée. Mais noz gens furent surpris de tel estonnement et peur panique que chacun cherchoit la porte pour fuir, ce quy fust arrivé, n'eust esté l'asseure courage du cappitaine Roure, qui pour empêcher ce dessordre et retenir les fuyards se taint à la porte avec un grand bouclier qu'il pourtoit; à sa considération nous rentrames. Tous coeux qui estoient dans la citadelle furent tué exepte le sergent La Montaigne avec sa garse, qui s'estoit retiré dans la grand tour. Le mesme jour, nonobstant tous ces retranchemens et barricades de monsieur de Jassaud, gouverneur de la ville, du sieur de Crottes et des habitans nous emportames la ville sans grande boucherie. Monseigneur fut marry que monsieur l'archevesque s'estoit sauvé le jour précédent; il en fut adverty à nostre arrivée et sans son conseil il eut remis la prise à un autre jour pour l'attraper.
Le lendemain fut commandée le sieur de Rousset et quatorze gens d'armes de la compagnie de mondit seigneur avec la compagnie du capitaine Roure ou nous nous allames saisir de Chasteauroux, sans eschet, ou pour lhors estoient 7 ou 8 centz hommes qui de peur abandonnerent la place. Le capitaine Roure avec sa seulle compagnie fit faire bas à ceux de Saint-Clément qui furent contrains luy ouvrir la porte de la ville.
 
Quelques temps après le sieur d'Allemagne donna advis à mondict Seigneur que son chasteau étoit assiégé par monsieur de Vins y commandantt bien deux ou trois mille hommes. Sur cet advis Monseigneur mande ses troupes; nôtre rande-vous fust à Serres, de là à Rubieres, de Rubieres aux Mées; de la vinmes en Orayson ou nous treuvames monsieur la baron d'Allemagne et monsieur d'Oraison qui se jougnirent à nous pour voir le passe temps de la guerre. Nous attacquames l'ennemy de telle furie qu'il fut contraint de lever le siège avec sa tres grande perte. Il y perdit le sieur de Ventabren, sergent de bataille, et plusieurs capitaines avec bien quinze ou dix huict centz hommes et vingt quatre drappeaux que nous reportames à Ambrun39.
Un peu après mondit Seigneur eust envie de revoir le Contat; nostre randez vous fust à Saint-Paul trois chasteau, menans quand et nous trois canons. Et faisant chemin primme Chantemerle, Valaury et assiegeames Collonzelles; les deffendans pour avoir mal à propos attendu le canon furent tuez et le sieur Brutin pendu en un amandier. Pour faire court ce faict, nous primes Beaulmes, richerances et plusieurs autres places; Chamaret-le-Gras eust peur de nostre batterie et se rendit. Du despuis sans grande resistance, primes Aubignan, le Rasteau, Saint-Morice, Villedieu, Mirabeau et Piedmeira, Melans attendit la bresche et l'emportames d'assaut40.
A Briançon le sieur de Claveson, gouverneur, faisoit bonne garde, mais ayant esté blocqué et assiégé par nos troupes, il eust plus d'assurance à la faveur de mondict seigneur des Diguières qu'à ses bastions qu'il nous abandonnast avec honnorable compostion41.
L'an 1588 nous assiegeames Guilestre et tenions si de pres que la peur les fit rendre42.
 
Nostre Coesar avait rencontré son Pompée, ie dis monseigneur des Diguières donna souvent la chasse à monsieur d'Auriac43 un des braves cavaliers de ce temps. Il avait aussy des bonnes troupes qui avec la valeur et prouesse de leur chef se faisoient craindre. Pour les combattre et vaincre mondit Seigneur employa toute son industrie; aussy avoit il affaire à gens qui ne se laissoient pas prandre au nid sans gantellet, nous avions souvent espreuvé leurs armes en plusieurs rencontres et n'avions jamais heu affaire à meilleurs champions. Enfin mondict Seigneur partit pour Gap conduisant ses troupes au Contat pour les attirer aux ambuches, qu'il dressa au forest de la Croix près Tallard ou il nous laissa quinze gendarmes et dix harquebusiers soubz la conduite du sieur de BLUSSET, son mareschal de logis. La nous fumes descouverts par des picoureurs, à leur malheur car six ou sept payerent la mort d'un des nostres nommé Jacques PLATEL, de Tallard, qi'ils avoient tué. Sur ceste allarme nous nous retirames à Gap à la teste de monsieur d'Auriac qui nous suivit, nans eschet, marris et bien fachés que nostre entreprise n'eust reussy selon nostre desseing; cherchions l'occasions de mieux faire. Donque le landemain le sieur de BLUSSET, feignant vouloir joindre monseigneur des Diguières et nous rendre à lui au Contat, nous conduit à Veynes ou après avoir resseu, une heure de soleil couchant sortimes et arrivé au pont d'Ose rebourssames chemin le long de l'eau jusque à la Roche, de la veinmes nous embucher au forest du cappitaine CHAPPAN44, ou sejournames trois jours non en vain, car le seigneur d'Auriac sortit avec sa troupe leste et en bonne ordonnance et ne nous descouvrit jusques à ce que le chargeames de telle furie que la pluspart de ses gens y resterent. Le sieur d'Auriac avec quelques uns des plus braves après s'estre bien battus et deffandus furent enfin contrains de se rendre prisonniers au plus forts45.
 
Monseigneur voulant tout a fait brider les enfans de Gap et assesseurs de leur ville qui luy servoit de pierre d'achoppement, et partant il donna commission à cinq de ses capitaines, sçavoir au sieur de Poliny, de Beauregard, de Montauquier, Monestier et à moy de fortifier le lieu de Pied Moure, nous y employames toutes nos forces et industries et commanceames ce travail le 4 avril 1588 en telle sorte que la place fut en deffance dans peu de jours et bien nous servit, car le 18e du mesme mois à la solicitation de ceux de Gap, le sieur de La Valette avec grandes troupes, nous y vint attaquer mais il y fut mieux receu qu'il ne vouloit nous le repoussames si bien qu'il perdit l'envie de nous revoir et le landemain reprit son chemin de Provence ou il estoit plus assuré. Du depuis ceux de Gap furent contrains de prendre loy de nous et de plier soubs le joug des plus forts46.
 
Nostre cappitaine voulant estandre ses victoires d'un bout à l'autre du Dauphiné, ne peut souffrir que le gouverneur d'Exilles, le bravat de dessus son roc en la frontière du Piedmont, et partant d'Ambrun l'an 1586 nous conduisit en Exilles que nous blocquames si à propos que, de fain ou de peur, les tenans nous rendirent la place.
 Le courage partout grand de nostre chef se servant du voysinage, nous voulent donner le passe temps que de voir de pres la contenance des grandes troupes que pour lhors son Altesse de Savoye avoit à Suze soubz la conduitte du sieur de Sonas; à ses fins nous vimmes à Chaumont. Le chef ennemy adverty de nostre arrivée prent envie de voir trante des siens combattre avec autant des nostres. Monseigneur luy accordat tres volontiers le cartel et ja tenoit les siens trantes prêts, mais le Savoyard n'eust jamais le courage ou le pouvoir de trouver ou assurer trente champions des siens pour satisfaire au passe-temps. Nous les attendimes deux jours en bonne desvotion, et voyant leurs poltronnerie, Monseigneur mandat un esquadre d'arquebusiers pour attirer l'ennemy qui, non trente, ains en grand nombre et grosse flotte, suivirent nos arquebusiers jusques prais de Chaumont où nous les reçeumes selon leur méritte et si bien que cinq centz payerent la folle enchère de couardise de trente poltrons. Monseigneur à ce rencontre marchea en teste et donna le premier coup d'espée, et choisissant le premier cavallier et plus hardy et apparent de l'ennemy, alla droit à luy et luy portat la pointe de son espée en la visière avec telle destérittté et adresse qu'il le renversa mort à terre de mesme façon non content de cette belle deffaicte faict passer son canon par le col des Horres et bloqua et emporta Barcelonne47.
 
Je ne puis oblier le siège du Bourg d'Oysans ou le sieur de Beaumont tenoit pour nous, à l'ennuy de messieurs de Mogiron et de Gordes qui l'assiegerent avec environ 6000 hommes et quelque artillerie. Monseigneur ayant eu le vent de ce siège part par des Diguières avec ses troupes nous conduit à la Paute, un car de lieu du Bourg, ou nous passames la riviere et forceames le corps de garde des assiegeans dans des moulins, et dresseames nos escaramouches entre les deux ponts, la plus belle que j'aie ouï renommer et priser. Elle durast quatre heures et demy, et plusieurs des plus braves de part et d'autre y heurent de l'honneur et des coups. Enfin par dextérité nous blocqueames si bien les assiegeans qu'eussiez dit estre siege sur siege, car ils se trouverent entre nous et les notres, assiegés et engagés sy à propos que sans le secours qu'il survint il estoient nostres. Mais le sieur de Chevriere adverty de leurs infortunes, les secourent avec bien trois mille hommes; nous leur coupames chemin et suivirent le long de la rivière pour ne nous oser aborder. Et sur ses entre faictes le sieur de Mogiron avec les siens attacquoient furieusement nos barricades ou ils tuerent le capitaine BOUSQUET, de Sisteron, et sans la prevoyance et courage de monsieur de Lacroix, de Tallard, secondé par le capitaine Roure, de Corps, avec sa compagnie, nous estions tous perdus; mais leur proesse respoussa le malheur sur nos ennemis, desquelz bien trois ou quatre centz et plusieurs capitaines demurerent sur la place. L'ennemy regrettoit fort cette perte48.
 
Pour dessert je vous presente une saulcisse laquelle a autant faict parler de soy que celle de Millan; nous la misme contre la maison du sieur de Monestier, de La Mure, maison bien flanquée et deffandue. Conduite par monsieur de Poligny, nostre saussisses fit un tel ravage qu'au dire des mieux entendu centz coups de canons, n'eussent pas faict un tel débris; elle fit voller en l'air deux pavillons et les sentinelles. A la faveur de ceste saulcisse nous entrames et par sa saulce fimes passer tous les deffandans au fil de l'espée49.
 
Quand à la prinse de Grenoble, escaramouche des Moulettes, combat de Pontcharra, prise de Barreaux et autres, cela est de sy fraiche datte que les plus jeunes en chantent les louenges. Sy en quelques endroitz je n'ay pas marqué le jours et sur quelque article cotté le temps, on les peut facillement treuver ailleurs; ma mémoire en cela demande pardon à l'amy lecteur. 
 
Notes
 
 1/ Le journal du capitaine Arabin existe en copie à la bibliothèque de la ville de Grenoble; cette copie date du XVII° siècle et est d'une écriture et surtout d'un orthographe détestables.
2/ François de CASTELANNE, oncle et parrain de Lesdiguières, était prieur de St-André-lez-Avignon. Il l'attira donc à Avignon auprès de lui et lui fit faire ses études. Le tuteur de Lesdiguières avait été Jean MARTIN, châtelain de St-Laurent du Cros, et mari de Catherine de BONNE,sa tante.
3/ Antoine RAMBAUD, capitaine Furmeyer, s'empara de Gap à la tête de 400 protestants du Champsaur ou fugitifs de Gap, le 2 mai 1562.
4/ Ce ne fut pas Maugiron et Suze qui commandaient en chef devant Grenoble, mais Sassenage à la tête d'une armée de 6 000 hommes environ. Le siège commença le 24 octobre 1562; les assiégés étaient quelques centaines de gens de guerre seulement.
5/ Furmeyer arriva à Grenoble le 16 novembre 1562 avec cinq ou six cents combattants détachés de l'armée du baron des Adrets.
6/ Furmeyer fit pendre le capitaine Mongin qui commandait à Romette et passer au fil de l'épée la garnison. Ce fait d'armes eut lieu le 11 mars 1563.
7/ C'est à dire jusqu'aux portes mêmes de Gap, à 4 km de Romette. Le pont de Burle, comme le moulin de ce nom, où se tinrent à Gap les premières assemblées protestantes, était situé sur le torrent de Bonne.
8/ Les premiers troubles pour le Dauphiné, mais les seconds en réalité, car la conjuration d'Amboise est considérée par tous les historiens comme la première guerre religieuse.
9/ Pendant un peu moins d'un an en réalité, à partir du mois de septembre 1567 jusqu'au mois d'août 1568, date du départ des bataillons protestants du Daupginé pour Montcontour.
10/ Ces événements eurent lieu en novembre 1567.
11/ Ils partirent de Gap le 25 août 1568 sous les ordres du colonel Aurouse; ils formaient quatre enseignes. Ils arrivèrent à Aubeterre le 1er novembre, assistèrent à la bataille de Jarnac le 13 mars 1569 et à celle de Montcontour le 3 octobre de la même année.
12/ Lesdiguières était simple capitaine sous les ordres du seigneur d'Aurouze. Cet officier fut tué sans doute dans cette campagne, car il ne reparaît plus dans l'histoire des guerres de cette époque. Des vingt-quatre enseignes et trois cornettes qui étaient parties du Dauphiné, il ne rentra que 800 fantassins et 200 cavaliers environ.
13/ Ces événements se passèrent le 28 mars 1570 et le jour suivant, Gordes laissa environ 60 morts sur le champ de bataille, et Montbrun 20.
14/ L'assaut de Corps fut livré le 22 juillet 1570. Les deux capitaines catholiques avaient non 4000 hommes, mais environ 2000 seulement.
15/ La levée du siège de Corps eut lieu le 15 août 1570. Lesdiguières s'empara des canons des assiégeants; ce fut sa première artillerie.
16/ La paix fut signée à la Charité-sur-Loire, le 8 août 1570; elle fut suivie le 15 du même mois de l'édit de pacification de Saint-Germain.
17/ Les protestants
18/ Génois.
19/ Cet événement eu lieu le 8 novembre 1573. Chorier le place en 1570.
20/ Cet événement est placé généralement par les historiens au 8 juin 1570 et non 1574.
21/ Cet événement est placé généralement par les historien au mois d'octobre 1573.
22/ Lesdiguières s'embusqua à Larra, près de Romette, non loin de la route qui de Gap conduit à Laye. Attirés par le capitaine Villeneuve les gens de Gap s'y engagèrent et Lesdiguières prit après eux la même route de manière à les prendre entre deux feux.
23/ Cet événement est également raconté comme s'étant passé le 14 mai 1570. La version d'ARABIN parait plus probable.
24/ La prise de Serres eut lieu le 27 avril 1573.
25/ Ces deux capitaines se firent depuis protestants et servirent utilement Lesdiguières qui les fit anoblir tous deux.
26/ la bataille de la Bâtie-Montsaléon eut lieu le 8 mai 1573. Les catholiques, au nombre de 1500 environ, étaient commandés par le capitaine Gargas, et ils perdirent 100 ou 120 hommes seulement.
27/ Ce fait d'armes est placé par la Popelinière à la date de septembre 1573.
28/ Cet événement eut lieu au mois d'octobre 1575.
29/ Egalement en octobre 1575.
30/ Cet événement eu lieu le 12 juin 1575.
31/ La bataille du pont de Mirabel ou de Blacons car il porte ces deux noms, eut lieu le 4 juillet 1575. Il n'y mourut pas plus de 200 hommes des deux partis, mais parmi eux plusieurs officiers de mérite. Montbrun qui y fut fait prisonnier fut décapité à Grenoble le 13 août suivant.
32/ On a attribué, mais à tort, à Lesdiguières la destruction des édifices religieux de la ville de Gap. Un mémoire de l'évêque de cette ville, daté du 20 janvier 1574, c'est à dire antérieur de trois ans à la prise de Gap par Lesdiguières affirme qu'à cette époque ces édifices étaient déjà en ruines et en attribue la destruction aux protestants qui prirent Gap le 2 mai 1562 ( cf. note 3 )
33/ Le 7 mai 1577
34/ 4000 hommes seulement.
35/ Le duc de Mayenne, parti de Grenoble le 29 septembre, arriva à La Mure le 1er octobre.
36/ Le capitaine Sacramor de Birague fut fait gouverneur de la Mure pour les catholiques.
37/ L'édit royal publié le 4 ( d'autres disent le 13 août ), à Grenoble, avait été promulgué le 18 juillet, en suite du traité fait le 7 juillet à Nemours, entre Henri III et les ligueurs.
38/ Le journal des guerres de Lesdiguières place ce fait au 25 août.
39/ Le 5 septembre 1586. Le baron d'Allemagne fut tué dans cette bataille.
40/ Tous les sièges précédents eurent lieu entre le 15 et le 29 juin 1587.
41/ La capitulation de Briançon eut lieu seulement le 6 août 1590.
42/ Guillestre fut pris le 5 septembre 1587.
43/ Etienne de BONNE, seigneur d'Auriac, la Rochette, la Batie, vicomte de Tallard, fut le chef militaire de la Ligue dans les Alpes. Le 5 avril 1585, il s'était emparé par force de la ville de Gap dont il avait chassé le gouverneur royal et même tenté une pointe en Provence dont il fut repoussé par le Grand Prieur à la fin du mois de mai.
44/ Ce forest n'est autre chose que le château de Chatillon-le-Désert, nommé encore Château-Chappa, du nom de son propriétaire le capitaine Claude de CHAPPAN.
45/ Auriac fut fait prisonnier le 26 août 1579.
46/ Une note écrite par le notaire MUTONIS dans ses registres, immédiatement après les événements, nous apprend que la citadelle de Puymaure, construite une première fois à partir du 10 août 1580, fut démolie un an environ après. On commença à la reconstruire sur les mêmes fondations le 4 mars 1588. Elle fut de nouveau démolie par ordre de Richelieu. La Valette, au dire de tous les historiens, n'attaqua pas Puymaure, voyant que la place était très forte il se contenta de l'observer pendant deux ou trois jours et se retira sans combattre.
47/ La capitulation de Barcelonnette eut lieu le 20 octobre 1591.
48/ La levée du siège de Bourg d'Oisans et les combats qui en furent la conséquence eurent lieu du 25 octobre au 1er novembre 1588.
49/ Le château du Monestier, à la Mure, fut pris le 8 juin 1587.